mardi 15 mars 2016

Talleres en torno al mundo literario-Ateliers autour du Monde littéraire de Margot

Taller de escritura en Mahon: LLibreria Sa Catolica el miercoles 4 de mayo de seis a ocho de la tarde. Jugaremos con las plabras, la musica, las frases... Papel, lapiz y ganas de divertirse escribiendo y leyendo. Os esperamos. Tema: Mercedes Rodoreda

Atelier le vendredi 17 juin autour de Mort sur le Nil. A. Christie à 20h30 à la Celle les Bordes.

Taller de escritura el lunes 6 de junio con A. Christie a las 14h00 en la Celle les Bordes

2 commentaires:

MARGARITA VAN DER BORGHT a dit…

A la place du diamant, elle aurait préféré une chambre à soi, avec un ours en peluche sur le lit et une anthologie poétique sur l’étagère au dessus. Mais il lui avait écrit une si longue lettre qu’elle décida d’accepter le cadeau.
Quelques jours plus tard, elle apprit qu’il était mort sur le Nil en tombant du compartiment pour dames du train qui l’emmenait vers la capitale. Elle en fut prévenue par le vice-consul. Anne Lajeunesse

MARGARITA VAN DER BORGHT a dit…


Ce soir, la place du diamant s’est vidée de ses amoureux. D’autres les ont remplacés, silencieux, recueillis. Parfois, les gens se serrent dans les bras, mais rien de sexuel dans ces embrassades, juste du réconfort. Je dépose ma bougie au pied de la fontaine, parmi des dizaines d’autres, allume la mèche et pense à toi.
Quand tu étais encore là, je rêvais d’avoir une chambre à moi, une intimité, un espace personnel. Quelle foutaise ! Je donnerais tout aujourd’hui pour partager mon lit et ma vie avec toi, grand ours mal léché - surtout au petit-déjeuner -, et voir sur la table basse du salon ton L’équipe cohabiter avec mon anthologie poétique.
Depuis que tu n’es plus là, je t’écris. Je noircis des pages. C’est devenu une si longue lettre aujourd’hui. Je ne l’enverrai jamais, bien sûr. Car tu es mort, en Egypte, mort sur le Nil alors que tu voyageais pour ton travail, mort de la même main que celle qui a assassiné ces gens, hier, dans le métro et à l’aéroport, cette main que je vomis de toutes mes forces, cette main qui rêve de voile, de lapidation, d’écoles pour filles, et pourquoi pas d’hôpitaux pour femmes, d’usines d’ouvrières, de compartiments pour dames dans les RER.
Je m’arrache du spectacle de ces bougies, lueurs de liberté de de démocratie dans la nuit bruxelloise, et m’en vais avant que la rage ne m’emporte.
En chemin, je croise un groupe d’officiels entourés de caméras. C’est, m’informe un type à qui je n’ai rien demandé, le vice-consul de Turquie. Ou d’Irak, il ne sait pas trop. A moins que ce ne soit celui du Koweït.
Le cirque médiatique achève de me mettre en rogne.
Véronique Baret